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La compagnie s’associe à XHX pour proposer une série de rencontres et de projections de films et de vidéos autour de l’installation de yann beauvais. Ce sera l’occasion d’abord de montrer comment et pourquoi l’art est indispensable dans la réponse sociale et collective contre la maladie. Le vidéoactivisme américain sera présenté comme un modèle d’activisme culturel. Une séance sera consacrée à la présentation des films de yann beauvais. Il sera aussi question de ce qui s’est noué entre le sida et les politiques sexuelles, des enjeux de l’épidémie en Afrique et plus particulièrement dans le Maghreb, de l’accès aux traitements dans les pays du Sud, des discriminations qui font le jeu de l’épidémie. De nombreux films constituent des témoignages qui permettent d’appréhender une expérience individuelle de la maladie. Avec le film L’ordre de Jean-Daniel Pollet, nous nous sommes permis d’apporter une comparaison autour de la question de l’exclusion. Et le film de Youssef Chahine, J’ai quitté ton amour, parle de quelque chose qui concerne aujourd’hui tous les séropositifs ; c’est d’abord un très beau mélo.






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mardi 13 janvier, à partir de 18h
OUVERTURE

vendredi 16 janvier, 19h
SEANCE 1 : Les réponses sociales et collectives : le vidéoactivisme américain
en présence de Flora Loyau, co-éditrice Aids Riot, école du Magasin

Gregg BORDOWITZ
Fast trip, long drop
1993 - 16 mm - couleur - 54’
Film personnel et témoignage militant où l’auteur analyse à bras le corps sa séropositivité pour déconstruire toutes les idées préconçues. Il se questionne, il questionne la représentation sociale du sida, il interroge dans la mise en scène la façon dont la télévision est l’instrument politique d’une culture qu’il entend à la fois démanteler et se réapproprier pour faire apparaître, au delà des systèmes de domination, la façon dont le sida produit de nouvelles subjectivités, exige de nouveaux discours. Devant la mort annoncée, l’urgence se confronte aux ambiguïtés, à la complexité, aux doutes, aux incertitudes, à l’intransigeance politique, à l’affirmation vitale de soi, de ses désirs : il s’agit de trouver des questions opportunes plutôt que des réponses. Ce travail en devenir, inséparable de la participation de Gregg aux activités militantes du groupe Act Up-New-York, est exemplaire d’une parole opératrice où le sujet est un moteur actif qui lutte contre la maladie, qui refuse les choix socio-politiques et économiques des milieux médicaux, gouvernementaux, médiatiques. Gregg Bordowitz est issu des collectifs activistes vidéo sur les sida les plus radicaux (Testing the limits, DIVA-Damn Interfering Video Activists), et il a été réalisateur pendant 5 ans d’émissions pour le GMHC (Gay Men’s Health Crisis : la première grande association de lutte contre le sida aux Etats-Unis).

Collectif testing the limits
Testing the limits : New York
1987 - vidéo - couleur - 28’
Ce documentaire sur la naissance du mouvement activiste contre le Sida à New-York est une des premières vidéos activistes. Les opinions des activistes et embres de différentes communautés participant à cette vidéo concernent trois thèmes liés à la crise du Sida : droits civils, éducation et système de santé. Ces déclarations sont scandées par les scènes de la manifestation organisée par ACT UP à New-York. L’image des militants face aux policiers portant les gants en caoutchouc est accentuée par les propos de la chanson Homophobia. D’autres passages musicaux, comme Living in Wartime inscrivent la vidéo dans une production de culture populaire


vendredi 23 janvier, à 19h
SEANCE 2 : Politiques sexuelles : représentations et ruptures identitaires
en présence de Vincent Douris, assistant juridique ARCAT, Ecole doctorale « pratiques et théories du sens », Paris VIII.

Brian TILLEY
Ma vie en plus
2001 - vidéo - couleur - 52’
Documentaire réalisé par Brian Tilley et coproduit par Dominant 7/Big World Media/Steps For the Future/Arte France (2001). Zackie Achmat est président du TAC (Treatment Action Campaign), en Afrique du Sud,qui se bat contre les laboratoires pharmaceutiques du Nord et contre le refus du gouvernement sud-africain et de son président, Thabbo Mbeki,de faire face à la plus grande hécatombe jamais connue au sein du continent noir.Aujourd’hui, Zackie incarne la lutte de 5 millions de séropositifs en Afrique du Sud. Séropositif lui-même, il refuse de prendre des antirétroviraux tant que ces médicaments ne sont pas disponibles pour tous. Ce film raconte l’histoire d’un homme décidé à poursuivre la lutte pour une société plus juste,depuis la victoire de la fin de l’apartheid et l’arrivée de la démocratie. Ce film raconte cette lutte "publique" qui,plus que tout autre aujourd’hui, nous oblige à regarder en face les réalités du monde et à nous interroger sur nos choix, nos priorités en matière de société et d ’économie.

Jim HUBBARD
Elegy in the streets
1989 - 16mm - couleur - 29’
Cherchant à produire un équivalent filmique de l’élégie, ce film explore la crise du sida du point de vue personnel autant que d’une perspective politique. Le film mêle deux motifs principaux : les souvenirs de Roger Jacoby et la réponse des masses vis-à-vis du sida. Les réponses collectives commencent avec la veillée aux chandelles en passant par la tristesse due au "quilt" pour se diriger vers les réactions plus énergiques d’Act Up : en premier lieu lors de la marche gay à New York, puis lors de manifestations séparées.

Cathy JORITZ
Give AIDS the freeze
1991 - 16mm - n/b - 2’
GIVE AIDS THE FREEZE est un film d’animation recourant au grattage de l’émulsion, qui devrait amuser le public et lui rappeler une fois de plus de se protéger vis-à-vis du sida.

Barbara HAMMER
DYKETACTICS
1974 - 16mm - couleur - 4’
En 74, quand j’ai fait DYKETACTICS, la première histoire d’amour au cinéma par une lesbienne, je n’avais jamais vu de film, quel qu’il soit, réalisé par une lesbienne reconnue. Je commençais à m’intéresser à l’identité de l’artiste femme, de l’artiste lesbienne qui crée sans référence lesbienne en art. Bien que je n’aie jamais vu auparavant de film dans lequel les femmes fassent l’amour, je me souviens que ce n’est pas la sexualité elle-même qui me poussa à faire le film. Ce fut plutôt la sensualité, l’expérience du toucher et de la sensation qui traduisaient au plus haut point, pour moi, l’amour d’une femme pour une autre femme.

Mike HOOLBOOM
Frank’s cock
1993 - 16mm - couleur - 8’
"Dans Frank’s Cock ("La queue de Frank"), un homme évoque son ami Frank de manière drôle et osée au travers de monologues émouvants sur le fait d’être né, de vivre, de baiser et de mourir en tant que gay. Frank était pédé depuis sa naissance. Il adorait le sexe, il changea le monde et il est mort. La nouvelle œuvre éclatante de Mike Hoolboom : Frank’s Cock est une élégie acérée à un amant mort du sida. Callum Rennie profère le monologue avec humour selon une évocation appropriée. Hoolboom joint à ces mots un dessin formel simple qui mêle un style abstrait au pop." Sandra Cunningham.

jeudi 29 janvier, 19h
SEANCE 3, : Films mono et multi-écrans de yann beauvais
en présence de yann beauvais

yann BEAUVAIS
Shibuya
2003 - vidéo - 14’

yann BEAUVAIS
VO/ID
1985-86 - 16mm - n/b - 7’
VO/ID juxtapose deux textes distincts, l’un en français l’autre en anglais. Les textes interrogent l’art et le cinéma expérimental, le rôle du marché dans le façonnage de critères esthétiques, et la politique actuelle... Dans chacun des textes des mots usuels de l’autre langue surgissent créant une indétermination du mot à tel ou tel discours. Cette indétermination s’accroît par les nombreux jeux de mots créés entre les deux langues. Ce qui entraîne une lecture double : verticale et horizontale favorisée par le mot à mot. La durée d’exposition de chaque mot dépend de la rythmique de chaque langue, mais leur apparition en blanc ou en noir n’y est pas soumise. Face à ces textes, deux sons interviennent et perturbent autrement la concentration requise par les textes projetés. La lecture horizontale des deux discours est souvent en contradiction manifeste par rapport au signifié de ces derniers. Ce troisième discours visuel est ludique, cassant, se moquant du sérieux du/des discours.

yann BEAUVAIS
Spetsai
1989 - 16mm - couleur - 15’
Un prétexte : le journal filmé d’un séjour dans une île grecque en janvier dernier. Originellement tourné en super-8, puis gonflé en 16mm, le film a subi une transformation supplémentaire après le montage, par l’adjonction de texte. Le texte permet à la fois la suspension du déroulement en ceci qu’il fait passer l’image au second plan mais aussi en ce qu’il lui confère une signification autre. Jeu de texte et de l’image qui permet à partir d’éléments de journaux d’aborder d’autres domaines ainsi que pouvait l’esquisser à sa manière Divers-Épars.

yann BEAUVAIS
Quatre un
1975-91 - 16mm - n/b - silencieux - 12’
A partir d’une transcription d’une fugue de Bach, son expansion dans une forme à quatre voix. Mise en miroir d’une image, de mouvements et de séquences sur un paysage champêtre qui se dissout dans sa multiplication. Renvois cinématographiques évoquant les compositions classiques de la musique baroque et de son recours au développement fugué en miroir et en inversion.

yann BEAUVAIS
Sid a ids
1992 - 16mm - couleur- silencieux - 5’30
L’apparition du Sida a déclenché une hystérie médiatique à la faveur d’un retour à l’ordre moral effréné. Face à la dénonciation, victimisation et discrimination des malades, ce film tente sous la forme du tract cinématographique d’articuler une dénonciation de l’usage qui est fait de la maladie selon une forme visuelle particulière. Le film se met en scène par son discours ; il s’agit en effet d’un film de mot. L’utilisation d’un texte permet d’instaurer une distance par rapport aux affects en jeux, mais ceux-ci seront réintroduits par l’apparition et le traitement des mots qui conditionne la lecture du film ; d’où la violence visuelle du film qui accompagne littéralement la dénonciation. Une critique du discours et des images, en un mot de la production et consommation des mots autour du Sida. SID A IDS interroge principalement la réponse à la maladie telle qu’elle a été faite en France. Le film tente de favoriser l’émergence d’une réflexion par rapport au sida sans mettre hors jeu une pratique cinématographique expérimentale. Film réalisé dans le cadre de SI FILM DA.

yann BEAUVAIS
New York long distance
1994 - 16mm - couleur - 9’
Ce film personnel, fait se côtoyer des représentations d’une ville avec, sur la bande-son, des fragments autobiographiques. La distance du souvenir. La trace de cette distance façonne autant la mémoire que les lieux hantés par tant d’histoires, qu’elle fait voler en éclats nos repères. Éclats qui induisent un effondrement dans un tourbillon d’affects.

yann BEAUVAIS
Still life
1997 - umatic - couleur - 12’24
Ce film fait se côtoyer plusieurs discours vis à vis du Vih / Sida. D’un côté des textes écrits en anglais et en français (qui traduit quoi,) apparaissent à l’écran à des vitesses variables et selon plusieurs modalités rythmiques, de l’autre côté sur la bande-son : des voix d’hommes. Les discours et les expériences du sida se croisent et font surgir par la fragmentation des modes d’énoncés qui articulent le politique au subjectif selon des modalités visuelles particulières. Le sida n’a pas disparu avec la tritérapie. On le banalise pour mieux l’occulter. Ce film inscrit aux travers de confrontations, des ruptures dans notre appréhension du vih et du sida. Engagement d’un individu face à une civilisation qui promeut la disparition comme mode de vie. Il s’agit d’affirmer une altérité dans cette belle homogénéité aseptisée.

yann BEAUVAIS - Frederick ROCK
Soft collisions dream of a good soldier
1991 - 16mm - coul-n/b - 15’
A la suite de la guerre économique déclenchée par l’Amérique et ses alliés, alors que j’enseignais dans ce pays, j’entrepris avec un cinéaste américain de faire un film à partir de et contre la guerre. Ainsi, puisque toutes les images du conflit étaient censurées par les autorités militaires avant que d’être propangandisées par les télés du monde, nous décidâmes de ne travailler qu’avec des found footages des années 40. Le film se décompose en plusieurs mouvements qui inscrivent, chacun à leur manière, l’absurdité, la conformité aux rôles sociaux, aux genres, l’obéissance, la tyrannie et la mort..
Deux écrans noir et blanc encadrent une image colorée centrale.


vendredi 6 février, à 19h
SEANCE 4 : Les enjeux de l’épidémie en Afrique et plus particulièrement dans le Maghreb.
Sandrine Musso, anthropologue, Institut de médecine et d’épidémiologie africaine, et Kémal Chérabi, médecin, Institut de médecine et d’épidémiologie africaine.

Alain MOREAU
Sida sauf votre respect
1995 - vidéo - couleur - 25’ - français et arabe Une dizaine de personnes maghrébines, de la première et de la seconde génération, d’usage et de milieux différents, vivant en France, parlent du sida et des problèmes de communication qui entourent la maladie et sa prévention.

Portia RANKOANE
Un ruban rouge autour de ma maison
2001 - vidéo - couleur - 26’
Dans un pays où 4,5 millions de gens sont séropositifs et dont seulement 500 000 le savent, Pinkie, elle est l’une des rares à avouer sa séropositivité. "I am positive" dit-elle, en jouant sur le double sens de la phrase : "je suis séropositive, je suis positive". Arborant toutes sortes de costumes, de l’uniforme du marin à celui de l’écolière ou du footballeur, sans parler des robes de soirée fendues, elle fait passer son message dans les écoles, les entreprises, les rues, ou lors de funérailles.

vendredi 13 février, à 19h
SEANCE 5

Jerry TARTAGLIA
See for yourself
1995 - 16 mm - couleur - silencieux -17’ Ce film est le document intime de quelqu’un qui va mourir. Il a demandé à être filmé afin que les gens « puissent voir par eux-mêmes ce que la maladie veut dire. » L’acte de mourir devint pour lui un processus de partage. Le rapport de tournage de ce film est de deux pour un. Le film terminé a été construit afin de créer l’illusion que nous regardons des rushes, complétés par les blanchiments, les erreurs de tournage et scènes qui ne vont pas. Le temps de la projection des rushes est le moment où l’attente, la crainte, la mémoire et le désir affrontent la réalité de ce qui est. Il en va de même avec l’expérience de conduire un être aimé à sa mort. Aussi assurément que le montage détruit les rushes et les transforme en un film, le partage de la mort d’un être aimé transforme les vivants. Ce film offre au spectateur la brève opportunité d’observer une partie de cette expérience et de se rattacher à un lien commun.

Vincent GRENIER
Out in the garden
1991 - 16mm - couleur -15’
Un film sur la dynamique de l’affectation. Vu au travers de la lutte d’un gay auquel on a appris récemment qu’il était séropositif et qui, à sa manière, tente de venir à bout de cette nouvelle. Le film renonce à l’habituelle tête parlante et se concentre à cette occasion sur cette nouvelle qui amène à la déconnexion. Dans le processus, des questions sur l’identité, la réalité, la tyrannie sociale de la vie quotidienne, surgissent et dans lesquelles les spectateurs finissent par s’impliquer.

Jean-Daniel POLLET
L’Ordre
1973 - 35mm - couleur - 44’
Face à la caméra, un lépreux grec - Raimondakis - raconte sa vie. Il a vécu pendant de longues années à Spinalonga - une île au nord de la Crète - avec d’autres lépreux parqués là pour y mourir. « Un jour, les laboratoires Sandoz m’appellent pour m’avertir de la présence de Maurice Born qui leur proposait un sujet : il avait fait une étude sociologique de deux ans sur les lépreux et voulait tourner à Spinalonga. On est parti, un peu comme un commando, en prétendant vouloir réaliser un film touristique... Le tournage a duré en tout et pour tout dix jours aller-retour. Nous avons tourné sur l’île où les lépreux furent rassemblés jusqu’en 1957 puis à l’hôpital où ils ont été soignés et où certains sont restés. Raimondakis est le génie de la lèpre, c’est lui qui a la parole : il parle au nom des lépreux. Fils d’avocat, plutôt intellectuel, touché par la lèpre, il fut enfermé menottes aux poignets puis prit la tête de cette île, de 800m de long et 400 de large. » Jean-Daniel Pollet

« Il y a 36 ans que je suis emprisonné sans avoir commis de crime. Pendant ces années, beaucoup de gens sont venus nous voir. Certains pour faire des photos, d’autres avec un point de vue littéraire, pour voir une espèce de gens différents, plusieurs ont tournés des films. Hélas, ils nous ont tous trahis jusqu’à aujourd’hui. Aucun n’a transmis ce que nous voulions et ce qu’il avait promis de montrer au monde. Finalement, une duperie, une photo et une légende dessous qui modifiait les promesses et nous trahissait -et ceci nous blessait parce que les uns voulaient montrer de la compassion et les autres de la répulsion - mais nous ne voulons ni qu’on nous déteste, ni qu’on nous plaigne. Nous avons besoin seulement d’un sentiment, l’amour. Amour, en tant que personne qui a eu une infortune, et non comme s’il était une sorte différente d’homme, un phénomène. (...)
Je me demande si, bien qu’étrangers et partant très loin, je me demande si vous rendrez la vérité, ou si vous garnirez de mensonges ce que vous avez tourné pour l’utiliser qui sait dans quel but, qui sait pour quelles idées » Propos de raimondakis

David RIMMER
Variations on a cellophane wrapper
1970 - 16 mm - couleur - 8’
Transformation et désintégration ultime d’un seul plan d’une ouvrière déployant un film de cellophane. Un feu d’artifice chromatique sur un mouvement en boucle.




   

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