[diffusion sonore + film] Une soirée à Vidéodrome avec Dominique Petitgand

mardi 4 avril 2017 à 20h

 

 

A l’occasion de l’exposition de Dominique Petitgand, La fréquence du secteur présentée à la compagnie

à Videodrôme2 (49 cours Julien 04 91 42 75 41)
diffusion sonore de Dominique Petitgand’ + un film proposé par DP : Tourisme International de Marie Voignier, 48’, 2014

entrée : 3€ (+3€ adhésion vidéodrôme)

 

A partir de la voix, de la parole, du silence, de bruits, de musiques, Dominique Petitgand construit des micro-univers qui oscillent entre le réel et l’imaginaire, entre le souci de raconter une histoire à partir de presque rien, et la notion de “gros-plan”, de “visage sonore”. Souvent, le silence scintille et grésille, la présence et l’absence se confondent, l’innocence se révèle dans une violence crue... Il diffuse ses pièces sonores lors de séances dans l’obscurité, sur CD ou sous forme d’installations.

Tourisme International, de Marie Voignier 48’ 2014
Comment une dictature se présente à ses touristes ? Quel récit, quels acteurs, quelle mise en scène mobilise-t-elle ? Tourisme International a été tourné comme la captation d’un spectacle à l’échelle d’un pays, la Corée du Nord. Musées, ateliers de peinture, studios de cinéma ou usine chimique nous sont présentés par des guides nord-coréens dont on n’entendra jamais les voix. Car le film a été entièrement re-sonorisé au montage pour créer de toute pièce un univers sonore déconnecté des discours officiels : tous les sons ont été réenregistrés pour restituer l’épaisseur des espaces, le frémissement des touristes, les gestes des guides, à l’exception des voix. Les guides parlent mais on ne les entendra jamais ; et paradoxalement, ce mutisme des discours donne mieux à voir, en creux, la contrainte du régime sur les espaces et les corps.
Des intertitres viennent ponctuer ce périple où l’on apprend que le Président a écrit des scénarios de films, où la peinture remplace souvent photographies et documents, où tout le cinéma est post-synchronisé. Le film interroge la manière dont la nation fabrique ses images, entre politique, mythologie et imaginaire. Dans cette confrontation entre les images du pouvoir et le regard des touristes se dessine la chorégraphie silencieuse des guides touristiques, acteurs à la fois rigides et gracieux d’un pays en perpétuelle représentation de lui-même.